Théâtre

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Date Heure Réservation
Samedi 2 Décembre 21h00
Tarifs
Tarif général18 €
Tarif réduit14 €
Tarif enfant8 €

Les Créanciers

Tragi-comédie d’August Strindberg

Pour l'immense auteur suédois qu'est August Strindberg, si l'amour n'est pas une monnaie, il n'est pas un acte gratuit non plus : Il laisse des créances dans le cœur des amants.
Dans les liens qui se tissent, les serments qui s’échangent, chacun est créancier de l’autre et peut à tout moment venir reprendre ses gages.
Les Créanciers
est une double histoire d’amour qui se solde entre une femme - romancière renommée et deux hommes follement épris d’elle. Il est question de jalousie, de vengeance, de manipulation. Subtilement, à la manière d’une histoire à suspens, vont se découdre les liens jusqu’au terme de l’aventure que l’on croirait sortie d’Othello de Shakespeare.Dans un espace ouvert à l’imaginaire, trois personnages très dessinés illustrent l’analyse des relations amoureuses d’un poète visionnaire au cœur tourmenté.

Mise en scène : Frédéric Fage
Avec : Maroussia Henrich, Benjamin Lhommas, Julien Rousseaux, Colombe Villaume et Aurélie Nezri.
Musique : Stéphane Renouvin et Olivier Bovis

« Les dialogues (...) sont de vrais moments de théâtre, tendus et bouleversants. (...) » Télérama
« Frédéric Fage saisit parfaitement le message de Strindberg et livre une mise en scène audacieuse qu’il faut saluer. »
Bulles de culture

NOTE D’INTENTION

J'envisage Les Créanciers comme un huis-clos. Une femme, deux hommes. Trois possibilités. La pièce s'ouvrira sur la détresse des hommes.

Bien souvent la pièce de Strindberg a été envisagée avec des costumes et un décor d'époque ou minimaliste, elle n'a, en revanche, jamais été transposée au temps présent.

Le sentiment amoureux et d'abandon, la créance affective, est un sentiment intemporel et trans-générationnel. Il est d'autant plus fort quand il est vécu pour la première fois. Nos premières amours n'ont-elles pas été d'une violence rare lorsqu'elles ont pris fin ? L'idée de vengeance n'a-t-elle pas germée dans nos esprits meurtris ? Et nos rêves n'étaient-ils pas empreints de la plus dure des vérités ?

Voilà pourquoi je veux que cette pièce soit jouée par de jeunes comédiens encore fraîchement meurtris par leur propre première expérience. Des comédiens extrêmement talentueux qui donneront naturellement sans réserve ce qu'ils ont de plus intime et de plus fort en eux.

Mon but dans ce projet est, tout en respectant les codes de cette tragi-comédie, de renouveler son genre pour élargir sa diffusion à un public plus large, notamment auprès des jeunes, et ce, sans trahir les intentions et la philosophie de l'auteur.

Adolf sera un personnage très actuel, beau, tatoué et très attachant. Gustaf quant à lui répondra à un style très « bobo », actuellement très répandu. Seule Tekla correspondra à une beauté classique, diaboliquement rousse et dangereusement attirante. La relation entre Gustaf et Aldolf s'enrichira d'un sentiment encore jamais soulevé. Le sentiment amoureux. Adolf ne peut pas ne pas ressentir de l'amour pour cet homme qu'il admire tant et qui lui a redonné le goût de la création. Cet artiste à la sensibilité à fleur de peau ne peut pas ne pas connaître la confusion des sentiments. Un sentiment platonique et nouveau qui planera sans jamais s'exprimer concrètement.

Une musique particulièrement adaptée et très actuelle accompagnera les moments forts de cette pièce pour en faire ressortir l'intensité des sentiments et la puissance des confessions vengeresses. Cette pièce sera donc graphique et musicale.

Une jeune danseuse donnera vie à la statue qu'Adolf est en train de sculpter, sur une musique endiablée. Sa danse symbolisera l'état psychologique, dégradé et proche de la mort de ce personnage tourmenté par les mises en garde de Gustaf.

Les costumes évolueront en fonction des états d'âme et la profondeur des personnages. Plutôt clairs au début, ils tireront vers le noir à la fin pour Gustav alors qu’Adolf verra sa tenue devenir plus claire pour mourir en blanc.

Même si le texte évoque un hall d'hôtel, l'intensité des relations constitue le seul cadre. Il faut que ce cadre soit matérialisé. L'espace doit suggérer une tension, un contraire, comme une photo et son négatif. Aucune pièce réellement définie, ni chambre, ni salon mais plutôt un sas où les personnages vont se rencontrer, s’aimer, se déchirer et se détruire.

Un paravent en forme de vague comme une onde, une méridienne de psychologue faisant plutôt office de lit mortuaire, une statue grandeur nature sous une étoffe de soie, un fauteuil trop petit pour être confortable et un guéridon composeront le décor de cette pièce atemporelle.Frédéric Fage